Sujets de mémoire

 

Vous trouverez ci-dessous une liste de sujets pouvant faire l'objet d'un mémoire. Cette liste a été établie par les membres du SPIRAL en septembre 2016. Pour chaque sujet, une personne de référence est renseignée. Nous vous invitons à prendre contact avec celle-ci si l'un des sujets vous intéresse.

 

Sauver l’environnement ? Prolongez le nucléaire ! : Le cadrage  « écolo » du nucléaire

Le nouveau cadrage de la justification de la question du nucléaire. Les partisans du nucléaire présentent l’energie nucléaire comme une énergie verte, non productrice de CO2. Dès lors, le nucléaire n’est plus décrit comme une menace mais comme une opportunité. Dans certains pays, comme l’Angleterre, elle permet une renaissance du nucléaire. Ce changement de discours résulte en partie de l’absorption de la critique environnementale sur le réchauffement climatique (Topçu, 2013). Comment l’absorption de la critique environnementale par l’industrie nucléaire reconfigure-t-elle les discours sur la transition énergétique?

Stage à envisager au Centre de Recherche sur l’Energie Nucléaire

Personnes de référence : Céline Parotte

 

Institutionnaliser le débat public en Belgique ? Comparaison avec le cas français et québécois.

Questionner le « tout participatif », son institutionnalisation et ses pratiques. Deux instances peuvent être étudiées comme point de départ : la Commission Nationale de Débat Public (France), le BAPE (Québec). A terme, un questionnement peut être envisagé pour le cas belge afin d’établir l’état de la question en Belgique.

Personne de référence : Céline Parotte

 

Combustible usé : déchet ou pas ?

Qu’est ce qu’un déchet radioactif? À l’heure actuelle, l’industrie nucléaire entrepose son combustible usé dans des entreposages à sec ou en piscine. Ce combustible est-il ou non considéré comme un déchet? Tout l’enjeu est là. S’il est déchet, il devra être géré par l’ONDRAF. S’il est une matière valorisable, il est toujours la propriété de l’industriel et pourrait être utilisé dans le cadre d’un processus futur comme la fusion nucléaire. Au delà de l’objet, c’est donc la répartition des compétences et des responsabilités qui se joue dans le construction de la notion de « déchet ».

Stage à envisager au Centre de Recherche sur l’Energie Nucléaire

Personnes de référence : Céline Parotte

 

Régime de propriété intellectuelle et valorisation de la recherche : quels challenges sont posés par les modèles open-source ?

Les modèles open-source, déjà communs en matière d’innovation informatique, tendent à se répandre à d’autres secteurs et font l’objet de réglementations spécifiques pour leur mise en place concrète. Ils questionnent fortement les modalités classiques de la propriété intellectuelle et en particulier le brevet, qui reste un modèle largement promu pour transférer les résultats de la recherche scientifique en matière commerciale : les modalités de partage ou de monopole sont justifiée par différents récits et contre-récits économiques tels que la « tragédie des communs », les « déficiences de marché », etc. Ces récits sont aussi liés à différentes conceptions de philosophie politique. L’étude de cas particuliers où des modèles open-source ont été privilégiés permettra de questionner leur mise en pratique concrète dans l’environnement universitaire et en particulier pour les « technology transfer offices », et de comprendre quelles formes de gouvernementalité sont à l’œuvre dans les différentes modalités du transfert de connaissance.

Stage à envisager à l’interface entreprise-université / terrain: par exemple, Orthanc

Personne de référence : Nathan Charlier

 

Crise et urgence : deux concepts stabilisés pour les acteurs locaux ?

Des administrations locales ayant fait l’expérience d’une crise ou ayant participé à un exercice de simulation transforment-elles leur conception de la crise ?

Stage à envisager à l’Ecole provinciale Seraing (école d’administration, de police, du feu et de médecine d’urgence)

Personne de référence : Aline Thiry

 

L’indexation automatique des salaires en Belgique : un instrument d’action publique en mutation

L’indexation automatique des salaires est un instrument d’adaptation du pouvoir d’achat à l’évolution du coût de la vie. Malgré ses apparitions régulières au cœur de l’actualité politique, son fonctionnement concret demeure toutefois relativement peu exploré par les politologues et sociologues. Plusieurs perspectives théoriques pourraient toutefois ouvrir de nouvelles perspectives sur ce dispositif. À titre d’exemple, une analyse généalogique du mécanisme de l’indexation automatique des salaires pourrait notamment se concentrer sur les thématiques suivantes :

-          Une analyse socio-historique de (certaines) controverses liées au mécanisme (instauration, création de l’indice-santé en 1993, modifications successives de la composition du « panier de la ménagère », etc.)

-          Une comparaison des contextes et justifications des « sauts d’index » réalisés dans les années 1980 et 2014

-          Une comparaison internationale des modalités d’indexation des salaires/conventions collectives

-          Justification du maintien/des réformes du système

-          Méthodologies envisagées (en fonction de l’orientation donnée au mémoire) :

-          Analyse documentaire

-          Focus-group

-          Entretiens semi-directifs d’acteurs politiques/administratifs

Stage à envisager dans les organisations/institutions suivantes: Conseil Central de l’économie, organisation syndicale/patronale, centre d’étude d’un parti politique, SPF économie, Bureau du Plan, BNB

Personne de référence: Damien Piron

Vers un modèle de sécurité sociale wallonne ?

À l’occasion de la sixième réforme de l’État, deux pans importants de la sécurité sociale fédérale ont été transférés aux entités fédérées : les allocations familiales et les soins de santé aux personnes âgées. Ce transfert de compétences d’une ampleur inédite ouvre un vaste champ de questionnements dans le domaine des politiques publiques et de l’administration publique. Les questions suivantes donnent un aperçu succinct des nombreuses questions en débat à l’heure actuelle :

-           Quelles sont les différentes étapes qui ont mené à la « défédéralisation » de ces composantes de la sécurité sociale (approche socio-historique des politiques publiques) ?

-          Quelles sont les politiques menées par les entités fédérées dans ces domaines (analyse comparative des politiques publiques) ?

-          Quelle forme les administrations régionales de sécurité sociale prennent-elles (analyse comparative des administrations publiques) ?

-          À quelles reconfigurations des relations de pouvoir entre acteurs ce processus mène-t-il (analyse stratégique appliquée aux politiques publiques) ?

Les étudiants intéressés par l’une de ces questions ou désireux de se pencher sur une question en lien avec cette problématique peuvent prendre contact avec Damien Piron (damien.piron@ulg.ac.be).

La naissance d’une administration fiscale wallonne : entre héritage fédéral et autonomie régionale ?

Suite aux cinquième et sixième réformes de l’État, de nombreuses compétences fiscales ont été transférées aux entités régionales. C’est dans ce cadre que le Gouvernement wallon a créé une Direction Générale Opérationnelle de la fiscalité (DGO7) en date du 1er juillet 2009. La mission de cette administration est d'assurer l'établissement, la perception et le recouvrement des impôts et taxes wallons mais également d'en gérer le contentieux et d'effectuer des contrôles performants et dissuasifs. La DGO7 gère également la vérification et la délivrance des autorisations liées à l'octroi de taux réduits en droits de succession dans le cadre de la transmission d'entreprise par succession ou donation ainsi que l'octroi des primes éco-bonus.

La mise en place d’une nouvelle administration pose différentes questions qui peuvent faire l’objet d’un mémoire en science politique: Quels sont les fondements sur lesquels s’est construite la DGO7? Quelle est la position de la DGO7 vis-à-vis des autres administrations wallonnes (DGT, cellule fiscale, comité de monitoring, etc.)? Comment le transfert de compétences a-t-il été perçu par les différents acteurs impliqués ? Comment ces compétences fiscales sont-elles mobilisées par le gouvernement régional? Existe-t-il des divergences avec Bruxelles et la Flandre?

Stages à envisager à la DGO7

Personne de référence : Damien Piron

 


La prise en compte de l’évaluation au sein des Parlements en Belgique : réalités ou chimères ?

Dans le cadre de ce mémoire, il s'agira de mener un travail comparatif sur la question de l'évaluation au sein des différents parlements en Belgique : fédéral, wallon et flamand. L’étudiant sera amené à rencontrer différents acteurs (parlementaires, experts, chercheurs, membres de communautés épistémiques, etc.) pour observer et comprendre comment l'évaluation est implémentée dans les organes législatifs. Comment les rapports d'évaluation sont-ils perçus et pris en compte durant le travail législatif? Peut-on parler d’institutionnalisation ? Existe-t-il une réflexion de fond sur la question de l’évaluation dans les différents parlements concernés ? La relation à l’évaluation est-elle différente en fonction des parlements, impliquant ainsi la notion de culture de l’évaluation ? Enfin, l’évaluation est-elle considérée de manière transversale ou est-elle un simple instrument pour faire l’état d’une politique de manière ponctuelle ?

Stage à envisager : au sein de l’un des parlements concernés par l’étude.

Personnes de référence : Justine Contor & Catherine Fallon.

 

Analyse approfondie des modes de fonctionnements d’une ONG de développement belge – une étude de cas

Régulièrement le secteur des ONG de développement belge est soumis à des injonctions. Ces dernières proviennent du niveau national de par les exigences de l’administration et du niveau international via des structures telles que l’OCDE qui exerce une forte influence dans le champ de la coopération internationale. Pour ce mémoire, il s’agira d’observer quels sont les modes de fonctionnements au regard d’une série d’éléments : les besoins spécifiques de la structure compte tenu des injonctions internationales, traduites en dynamiques nationales. Dès lors, quels sont les modes de gestion (financières ; humaines ; innovation ; risque ; etc.) pratiqués dans la structure ?

Cette analyse serait a effectuer dans une ONG réflexive en ce qui concerne ses pratiques de gestion interne (e. g. Solidarité Socialiste).

La méthode préconisée pour la collecte de données est l’observation participante de longue durée.

Stage à envisager : au sein de l’ONG Solidarité Socialiste basée à Bruxelles. Pourquoi l’ONG Solidarité Socialiste ? Car elle fait figure d’exemple en matière de réflexion interne quant à la mise en œuvre de méthodes en matière de gestion de processus tant en réponse aux exigences des bailleurs mais aussi vis à vis des besoins des partenaires. Elle constitue donc un cas d’étude intéressant à explorer.

Personnes de référence : Justine Contor & Catherine Fallon.

 

« Uberisation » et économie de partage : mise en perspective des nouvelles formes de capitalisme avancé

Néologisme formé à partir de la célèbre société de transport californienne, « Uberisation » est un terme qui a été utilisé récemment pour qualifier (souvent de façon négative) les transformations qui touchent différents secteurs économiques comme les transports (Uber) ou le logement (Airbnb). Le mémoire analysera ces pratiques de manière contradictoire en interrogeant tant les détracteurs de ces nouveaux modèles que leurs promoteurs qui mettent en avant l’empowerment d’utilisateurs-consommateurs et les notions de partage ou de collaboration.

Personnes de référence : Pierre Delvenne et Benedikt Rosskamp


L’aménagement du territoire par en bas : le cas de la Place Cockerill à Liège

Le plus souvent, les projets d’aménagement du territoire sont élaborés et mis en œuvre par « en haut », en ce sens que les autorités publiques et les promoteurs privés concentrent le plus souvent le monopole de la réflexion et de la décision s’y rapportant. Bien entendu, les procédures légales prévoient des espaces de consultations des citoyens (souvent par voie d’affichage) mais les espaces de dialogue qui permettraient d’aménager le territoire par en bas, c’est-à-dire en mobilisant activement les citoyens et en leur conférant un réel pouvoir d’influence, font souvent défaut. Par conséquent, il est très fréquent de voir des collectifs citoyens s’organiser et protester contre des projets urbains (transports publics, réaménagement d’espaces publics, etc). Récemment, le projet du réaménagement de la place Cockerill à Liège a été vivement critiqué et il a fait l’objet d’une importante mobilisation citoyenne. Le mémoire analysera le projet des promoteurs ainsi que les critiques et contre-propositions apportées au projet (entretiens semi-directifs, analyse des documents officiels, analyse web). Dans une seconde phase, l’étudiant(e) se chargera d’organiser une marche urbaine avec un petit groupe de citoyens sélectionnés selon des critères à déterminer, afin de faire émerger leurs opinions, ressentis et préférences par une méthodologie innovante dite de « déambulation collective ». La réflexion théorique qui sera menée en toile de fond s'appuiera sur la transformation des modes de démocratie dans le sens de plus d'inclusion et de participation citoyenne.

Personnes de référence : Pierre Delvenne et Céline Parotte


Quelles délégations entre travail scientifique et travail politique dans la parlement Wallon ?

La prise de décision politique dans le domaine des sciences et technologies est une affaire complexe. Les élus ne disposent pas toujours des compétences nécessaires (ou seulement parcellaires) pour aborder le changement scientifique et technologique sous tous ses aspects (scientifiques, économiques, sociaux, légaux, éthiques, environnementaux, etc) et doivent souvent se prononcer en situation d’incertitude. La prise de décision a souvent été décrite comme double délégation (Callon, Lascoumes et Barthe 2001): les citoyens s’en remettent d’une part à leurs élus et d’autre part aux experts scientifiques. Culturellement, les manières d’aborder publiquement des problèmes à l’interface entre le monde scientifique et l’ordre social se sont cristallisées dans différents modus operandi. Jasanoff (2005) distingue notamment différents styles de fabrication publique de connaissances (épistémologies civiques) impliquant à divers degrés citoyens, experts, administrations, justice et décideurs politiques. Les Etats-Unis sont ainsi qualifiés de "contentieux", le Royaume Uni décrit comme "communautariste" et l’Allemagne "en quête de consensus". Le rôle des différents parlements nationaux peut également fortement varier dans ces constellations. Outre le fait que certains parlements en Europe se sont dotés d’instituts parlementaires d’évaluation technologique (Parliamentary Technology Assessment – PTA) ces pratiques et leurs formes organisationnelles restent très diversifiées. En France par exemple, ce travail est considéré comme éminemment politique et relève ainsi du ressort principal des députés eux-mêmes. L’Allemagne par contre, s’appuyant sur une tradition de commissions d’enquêtes, travaille avec des scientifiques détachés auprès d’un office parlementaire au sein du Bundestag sur base d’un appel d’offre pour une période donnée. D’autres offices (comme le Rathenau Institute au Pays-Bas ou le Danish Board of Technology par exemple), qualifiés de plus « indépendants » sont eux, des organisations à l’extérieur des parlements et travaillent également pour la branche exécutive. Ces différents arrangements se traduisent aussi dans les méthodes utilisées. Dans les deux premiers cas, où le travail d’évaluation technologique se fait proche du parlement, les logiques, notamment de démocratie représentative empêchent le recours à des évaluations technologiques plus participatives. Tout au contraire pour les instituts plus « indépendants » et volontaristes en termes de participation citoyenne.

La plupart des compétences relevant des politiques et science, technologie et innovation étant décentralisées, la Wallonie ne dispose cependant pas d’office d’évaluation technologique. Un projet de décret a cependant été déposé fin de la législature précédente. Celui-ci modifierait potentiellement la manière dont des questions à l’interface science-société soit traités par les pouvoirs publics wallons.

De manière plus concrète, nous proposons une étude autour d’une série de débats/questions (questions orales ou écrites, auditions, rapports d’expertise, évaluations, …) socio-techniques au Parlement Wallon afin de voir comment est construite in-situ la frontière entre savant et politique (et citoyen) et quels rôles sont attribués à ces différents groupes. In fine, cette étude permettra de situer la Wallonie parmi les cultures et arrangements institutionnels mentionnés ci-dessus et de mieux saisir le rôle que pourrait jouer un office parlementaire d’évaluation technologique en Wallonie.

Personnes de référence: Benedikt Rosskamp

 

L’innovation sociale à l’épreuve du retour sur investissement

Conçu initialement pour combler le fossé entre recherche et marché, le Living Lab s'entend comme une méthodologie d'innovation ouverte qui donne une place centrale aux utilisateurs et aux usages. Un Living Lab fabrique des innovations qui répondent étroitement aux besoins et aux réalités des utilisateurs. En théorie, les bénéfices attendus d'un Living Lab mêlent les sphères économiques, sociales et scientifiques. Dans le secteur de la santé, un Living Lab doit participer non seulement au renforcement de la compétitivité des entreprises, mais aussi à l’amélioration des expériences des patients et des soignants et au développement d’innovations thérapeutiques.

En pratique, la dimension sociale des Living Labs est largement conditionnée à la volonté des autorités publiques. Si le financement public répond à une logique de retour sur investissement, comment définir et quantifier la plus-value directe et indirecte d’un projet d’innovation sociale dans le domaine de la santé ? En termes de processus, comment valoriser l’implication des utilisateurs dans la génération et le développement des innovations ? Un état de l’art (revue de la littérature et entretiens avec des experts) devra permettre d’identifier les méthodes et les pratiques d’évaluation de la plus-value sociale de projets développés dans différents secteurs. La partie pratique du mémoire sera consacrée à l’étude d’un projet d’innovation dédié à la détection de la maltraitance chez les enfants et développé dans une approche « Living Lab ».

Personne de référence : Mélanie Antoine

 

L’activisme des patients à l’Europe : des enjeux « européanisés » pour des impacts nationaux ? Etude de cas du réseau EURORDIS pour les maladies rares

L’activisme des patients dans le domaine de la santé et de la médecine vise des objectifs divers, telles l’optimalisation de l’accès au diagnostic et à l’information, l’amélioration des politiques publiques et des services de soins de santé, ou encore le développement de la recherche fondamentale et clinique. Tandis que ces mobilisations ont largement été étudiées à l’échelle des systèmes de santé nationaux, les études en sciences politiques et sociales s’intéressent aujourd’hui à l’échelle européenne. En effet, les évolutions récentes suggèrent l’émergence d’une certaine « européanisation » de l’activisme des patients qui se caractérise par la double construction ontologique de communautés transnationales et de problématiques de santé qui les concernent au niveau européen (Rabeharisoa & O’Donovan, 2013).

Le projet de mémoire vise à comprendre comment une communauté européenne de patients se forme, définit un objectif à défendre et des stratégies d’action. L’étude de cas proposée est celle du réseau EURORDIS pour les maladies rares (European Organisation for Rare Diseases). Via une enquête auprès de représentants du réseau et l’analyse de documents officiels, il s’agira de rendre compte des représentations des conditions des maladies rares et des patients concernés, de leurs problématiques propres et des stratégies d’action mises en œuvre. Comment le réseau définit-il de façon intégrée le concept de « maladies rares » et lui donne-t-il sa légitimité ? Comment est-il mobilisé dans les actions collectives ? Quelle est la pertinence d’une « guerre contre les maladies rares » à l’échelle européenne plutôt que nationale ? En mettant en perspective discours et actions, cela permettra également d’envisager les impacts effectifs de l’activisme européen dans les contextes nationaux, belge en particulier.

Personnes de référence: Pierre Delvenne et Fanny Duysens

 

Le traitement de l’exception : comment peut on qualifier le régime de financement des médicaments dans le cas des maladies rares ?

Le régime de financement des médicaments est géré par les instances fédérales. Si le cadre technico-économique est souvent mobilisé pour la prise de décision dans le cas des médicaments (voir le site de l’INAMI et le site du KCE) il n’est pas opérationnel dans le cadre des maladies rares.  L’activisme médiatique semble le seul moyen d’action pour attirer l’attention des familles des malades (ou des associations).

Personne de référence : Catherine Fallon

 

Le « Conseil Consultatif de Biosécurité », espace de traduction entre normes européennes et politiques nationales.

La transposition de la directive  2001/18/CE mettant en place l’EFSA fut laborieuse : elle a conduit en 2005 à la mise en place d’une procédure permettant d’assurer la protection de la santé publique et de l’environnement et l’information des consommateurs. La coopération entre niveaux de pouvoir est consolidée, les ministres régionaux étant étroitement associés. Tous les ministères sont appelés à coopérer avec le Conseil Consultatif de Biosécurité (CCB) dispositif hybride rassemblant des scientifiques et des fonctionnaires, amené à jouer à la fois un rôle d’expert et d’interface avec les administrations et avec l’industrie. Ce CCB est dénoncé par son propre président comme un dispositif dysfonctionnel, incapable d’assurer  un pont entre science et gouvernance. Comment va-t-il s’adapter face aux nouvelles contraintes définies dans la directive 2015/412  qui donne la possibilité aux États  d'interdire la culture d'organismes génétiquement modifiés (OGM) sur leur territoire ?

Personne de référence : Catherine Fallon

 

« One Health » : une approche interdisciplinaire entre santé animale et santé humaine est elle possible ?

Les politiques de santé publique et de santé animale se sont développées depuis le 19e S suivant des logiques très différentes, prenant appui sur des structures politico-administratives et scientifco-techniques indépendantes. Pourtant, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) met en avantl’importance des zoonoses comme risque émergent en matière de santé humaine, et le cas de la grippe aviaire en est un bon exemple. Les experts, surtout les vétérinaires, demandent de repenser à nouveau frais la coopération entre les deux mondes, en commençant par une coopération entre instituts scientifiques de référence et entités administratives. Cette coopération impose de prendre en compte les tensions entre les référentiels propres à ces deux secteurs d’action publique : le secteur vétérinaire est orienté par une logique économique et d’innovation technique, tandis quecelui de la santé publique repose sur des choix politiques complexes entre protection de la santé, éthique de la prévention et égalité de traitement.Ces réformes posent des questions d’administration publique, de changement dans les politiques publiques et de transformation de l’expertise dans l’action publique.

Un stage pourrait être envisagé au niveau de l’Institut de Santé publique (ISP) ou au CERVA (Bruxelles).

Personne de référence : Catherine Fallon

 

Les services publics innovent aussi ! Le cas du développement de la géomatique dans l’administration wallonne

L’innovation de service public reste un impensé de la science administrative. L’innovation de secteur public représente à peine le sujet de 1.4% des publications dans le domaine de l’innovation (Gow, 2014). Et pourtant de nombreux changements technologiques permettent aux administrations d’initier de nouveaux modes d’action publique, mais ces changements ne vont pas de soi, comme le révèle le cas de la géomatique de service publics.Le grand public utilise aujourd’hui couramment les outils de la « géolocalisation» (pensez à google drive, pour ne citer personne) mais ceux-ci tardent à s’implanter dans des nouveaux secteurs d’action publique, particulièrement en Région wallonne. La mise en place d’une structure administrative qui permet la géomatisation de l’action publique est un parcours difficile, que chaque Etat approche en mobilisant des moyens spécifiques : délégation au secteur privé, mise en place d’agences spécialisées (comme l’Agentschap voor Geografische Informatie Vlaanderen (AGIV) en Flandre), intégration dans les directions en charge des TIC (comme le Centre d’Informatique pour la Région Bruxelloise (CIRB) en Région bruxelloise), … La Région wallonne est aujourd’hui confrontée à ces enjeux. Elle doit mettre en place une structure de gestion de l’information ouverte aux acteurs privés et associant de façon transversale les administrations spécialisées (voiries, agriculture, environnement, etc), qui, à défaut de cadre de référence unifié, ont développé des outils d’information géographique adaptés aux spécificités de leurs métiers, et leurs propres pratiques de gestion des géodonnées.

Le chercheur pourrait soit mobiliser une approche de type « Science – Technique – Societé » en analysant de près le développement des outils tels de le Géoportail de la Région wallonne, soit prendre appui sur les développements théoriques récents en matière d’innovation de service public pour analyser le développement de réseaux d’innovation au sein du SPW.

Un stage pourrait être envisagé au sein de l’administration wallonne : soit dans une administration spécialisée (environnement, agriculture) soit au sein du département de la Géomatique

Personne de référence : Catherine Fallon