La méthode du Focus Group est une méthode qualitative de recherche sociale qui favorise l'émergence de toutes les opinions. Cette méthode, qui est à la fois orale et groupale, ne poursuit donc pas la recherche du consensus. Elle permet par contre le recueil des perceptions, des attitudes, des croyances, des zones de résistances des groupes cibles. Elle répond aux« pourquoi ? » et aux « comment ? ».
Concrètement, la technique consiste à recruter un nombre représentatif de groupes, en fonction de l'objet de la décision à l'étude, composés de six à douze personnes volontaires, et à susciter une discussion ouverte répondant à une logique de créativité. Cette discussion se structure autour d'une grille d'entretien définissant les différents thèmes de l'étude. Une analyse/synthèse de la discussion permet de relever les principaux mots clés des participants ainsi que les points de convergence et de divergence entre les groupes.
Cette manière de procéder donne quatre résultats :
La méthode du Focus Group prend ses assises dans la réalité et le milieu naturel. Son objectif n'est pas de prouver (hypothèse explicative), mais de fouiller le « pourquoi ? » et le « comment ? » des phénomènes.
La réussite du Focus Group repose sur quatre facteurs principaux :
Une approche « impressionniste » consistant à donner les impressions qui se dégagent des contenus peut comporter des biais importants. La perception des chercheurs n'est validée par aucun moyen de contrôle. Mais, il est possible de procéder à un traitement systématique des données qualitatives.
Simard (1989) propose d'utiliser la méthode logico-sémantique qu'elle définit ainsi : « cette approche d'analyse de contenu est celle d'une classification et son classement est le classement logique des contenus après l'explication des valeurs sémantiques de ces contenus si nécessaire ». C'est-à-dire que des catégories sont induites d'un contenu pour lequel on n'a pas formulé d'hypothèses. Il s'agit de dépouiller les unités de contexte et, à l'intérieur de ces unités, d'identifier les unités significatives ; de leur étude combinatoire, surgiront les catégories permettant de coder, classer et compter.
Le nombre idéal de participants à chaque groupe se situe entres six personnes minimum et douze maximum. Six correspond au minimum requis pour que s'installe la dynamique de groupe. Douze est un maximum si l'on veut éviter que naissent des sous-groupes ; le nombre idéal est de dix participants.
Ce nombre est à déterminer en fonction de l'ampleur de la recherche. Il faut cependant veiller à disposer d'un nombre de groupes suffisant pour atteindre la saturation de contenu. La taille de l'échantillon et sa représentativité (par rapport à l'hétérogénéité de la population) dépendent du type de recherche.
La sélection peut se faire à partir d'un échantillonnage ou encore faire appel à des volontaires.
L'échantillonnage dépend de l'existence ou non d'une liste complète et exhaustive de tous les sujets concernés :
La taille de l'échantillon dépendra et sera en équivalence avec la complexité du tissu social. Il y a de toute manière des phénomènes d'autosélection/exclusion qui interviendront plus tard, si l'on part d'un échantillon aléatoire, mais qui seront néanmoins présents.
Selon le nombre et la complexité des thèmes abordés, il faut compter une durée de une heure minimum et trois heures maximum.
À la durée du Focus Group proprement dit (à multiplier par le nombre de groupes), il convient d'ajouter le temps de :
Au total, la méthode est exigeante en terme de compétences et de temps. Ce modèle présente de nombreux avantages :
Il s'agit d'un élément capital pour la suite. Un accueil chaleureux permet de dissiper unecertaine angoisse et d'établir un climat de confiance et de complicité.L'environnement physique et son aménagement sont importants car ils influencent les comportements. La disposition en cercle favorise la participation et place tous les participants sur un pied d'égalité. Le fait que tous puissent se voir favorise les interactions.
Il est préférable de préparer à l'avance une consigne, c'est-à-dire un résumé expliquant laraison d'être du groupe et ce qu'on attend des participants.Il est important de préciser, en y insistant, le caractère anonyme des débats et d'expliquer la nécessité technique de l'enregistrement des débats, afin qu'il n'existe aucune ambiguïté dans l'esprit des participants.Il arrive que le thème de discussion soit complexe. Pour permettre une discussion plus fouillée que celle du « café du commerce », il faut procéder à une mise à niveau des compétences techniques des participants. Cela peut se faire en faisant parvenir aux participants une information préalable et synthétique sur les thèmes qui seront abordés.
La grille est le support des discussions de groupe. C'est un guide et un outil pour l'animation. Elle peut être présentée soit sous une forme schématique, soit sous la forme de questionnaire.
Elle doit :
La personne qui anime un groupe de discussion a un rôle capital à jouer sur plusieurs plans :
L'animateur doit être présent sans s'engager, être chaleureux, attentif, à l'écoute de tous. Il doit veiller à toujours rester neutre, à ne jamais donner son point de vue sur un thème. Il évite toute manifestation non verbale et retourne au groupe toutes les questions qui lui sont posées concernant le contenu. Il dirige le groupe sans être directif sur le contenu mais il est directif par rapport à la procédure. Pas autoritaire et rigide mais souple, il regarde la personne qui parle pour lui montrer son importance. Il accepte tout le monde dans sa différence et évite les conflits. Etc.
À toutes les séquences du processus décisionnel.
Dans le contexte de la phase exploratoire d'un projet de mise en valeur, les segments du public intéressé, leurs questions, leurs préférences en matière de méthodes et les conditions d'acceptabilité sociale peuvent être identifiées de manière qualitative à partir de cette technique. L'étude des parties prenantes (identité, rationalités) peut également être affinée.
Cette technique permet d'appréhender, en plus des représentations des participants, l'argumentaire qui se construit dans le groupe. Elle informe aussi sur des contraintes qui pèseront sur le déroulement du dialogue. Par exemple, les zones d'ombre ou d'incertitude quant à la signification des termes. Autre avantage non négligeable, le Focus Group est déjà en soi, un mini-débat. Les participants se montrent d'ailleurs généralement satisfaits de l'occasion qui leur est donnée de s'impliquer et demandent dès lors à être informés des résultats de la recherche.
La méthode du Focus Group est ensuite un outil convivial et un instrument de planification sociale.
Un outil convivial, car il est simple à utiliser et facilement accessible. Il convient de ne pas en sous-estimer ni les coûts – il s'agit d'une méthode qualitative – ni les difficultés. La technique ne fait pas bon ménage avec l'amateurisme.
Un instrument de planification sociale parce qu'elle révèle les besoins, les priorités et les perceptions des populations. Munis de ces informations, les décideurs politiques (ou économiques) sont mieux outillés pour élaborer des projets qui ne se heurtent pas à une vive résistance. Des programmes de sensibilisation et des campagnes d'informations peuvent aussi être mis sur pied avec une plus grande chance de succès, puisqu'ils peuvent tenir compte des opinions et des zones de résistance des groupes cibles.
Une limite souvent mentionnée : cette technique ne permet pas, en principe, de généraliser les résultats à d'autres groupes même s'ils présentent les mêmes caractéristiques.
Deliverable D4 - Introductory identification of end users' needs in terms of decision-making process and of monitoring socio-cultural impact of accessibility projects; justified selection of cases to be studied, based on a precise analysis grid and protocol
Identification préliminaire des besoins des end users en termes de processus décisionnel et de monitoring des retombées socioculturelles de projets d'accessibilité ; sélection justifiée des études de cas, basée sur une grille d'analyse précise et un protocole
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