La future search conference est une variante de la search conference. Elle est aussi très proche de la méthode connue sous le vocable « laboratoire du futur » ou encore l'atelier du futur (le Zukunftswerkstat pratiqué en RFA).
Elle est utilisée pour planifier le devenir d'une organisation, d'une communauté et résoudre les conflits nés d'opinions divergentes, en encourageant la production de nouvelles idées, le dialogue entre les groupes aux opinions divergentes à propos du passé, du présent et du futur. Le but est de définir le futur souhaité, les stratégies pour l'atteindre et les actions à entreprendre. Les participants gèrent eux-mêmes leur travail en groupe et sont censés aligner leurs actions sur les accords auxquels ils sont parvenus.
Quant à l'atelier du futur, il s'agit de l'un des quatre modèles de panels de citoyens. Il fait travailler un ou plusieurs groupe(s) homogène(s) – groupe de citoyens mais il peut y avoir aussi des groupes d'experts – assisté(s) de modérateur(s) dans des ateliers qui travaillent en trois étapes. Les participants définissent les questions sensibles (par exemple sous la forme d'arbre de valeurs), passent ensuite à la phase créative, sans exclure les utopies, avant de conclure par une phase de concrétisation (principe de réalité)
Son terrain d'application est le développement des vues prospectives à long terme et créatrices qui peuvent également se concrétiser en actions et en projets autogérés. Concrètement, il s'agit souvent des questions de politiques de l'enseignement et de qualité de la vie urbaine. Cette technique ne semble pas convenir pour préparer des décisions collectives obligatoires – elles ne sont pas formellement intégrées dans le processus de décision finale. Mais elle peut servir de premier pas pour encourager des procédures participatives et trouver des solutions créatives sur le fond de la question.
Une quinzaine de citoyens concernés ou qui seront affectés par le plan, par le programme dont les responsables publics doivent décider. Il peut y avoir plusieurs ateliers en parallèles, l'essentiel étant de travailler en petit groupe.
Il peut s'agir de citoyens déjà organisés.
Ils n'ont pas à représenter un microcosme social. Il peut s'agir de volontaires.
L'agenda de chaque conférence est préétabli : le déroulement se fait en trois phases se répartissant sur trois jours – deux demi-journées et un jour entier – qui sont consacrés à l'analyse du passé, du présent et du futur.
La première demi-journée est consacrée à l'analyse du passé, étant entendu que ce sont les participants eux-mêmes qui fixent la ligne du temps – jusqu'où veulent-ils remonter ? – les évènements significatifs, des histoires, les interrelations passées. Le but est de permettre aux participants de se situer les uns par rapport aux autres et de voir comment ils s'intègrent dans l'organisation, la communauté.
La seconde journée (entière) est consacrée au présent.
Après avoir décrit la réalité et les facteurs qui l'affectent (première tâche), les participants sélectionnent jusqu'à dix facteurs affectant l'organisation ou la communauté. Ils se répartissent ensuite en petits groupes pour discuter plus en profondeur de chacune des tendances prioritaires en y incluant ce qui a été fait par rapport aux facteurs retenus et ce qu'ils voudraient faire dans le futur. Ils s'attèlent ensuite à la quatrième tâche consistant à discuter de sujets de fierté et des sujets de regret en rapport avec l'objet de la conférence. Le but est d'examiner le système dans son ensemble et d'assumer les responsabilités du présent.
La troisième (demi-)journée est consacrée au futur. Les différents groupes « brainstorment » sur les visions du futur. Ils présentent ensuite leurs différents scénarios et travaillent à l'identification des thèmes communs, des projets potentiels et des différences irréductibles. La dernière étape consiste à développer des plans d'actions et discuter de la manière dont les participants les appliqueront.
Un groupe de travail est composé au maximum de quinze personnes.
Les manifestations seront organisées sous forme de conférences de un à trois jours, avec audition d'experts et de politiciens.
La méthode suivie verra la succession de trois phases :
Les participants élaborent donc ensemble des scénarios d'avenir (ce qui est souhaitable, possible ou seulement vraisemblable) et veillent à la manière de les mettre en œuvre.
Le modérateur veille à ce que les rapports faisant la synthèse des discussions soient pertinents et de facture scientifique.
Les recommandations et mesures élaborées sont argumentées et présentées au responsable public.
Au début du processus décisionnel : séquence deux (études préalables) ou trois (définition des options).
Tant la future search conference que l'atelier du futur ont été largement appliqués dans différents contextes (banking, problèmes environnementaux, mobilité, etc.) partout dans le monde. Avec succès, semble-t-il. Les méthodes semblent donc robustes, facilement généralisables.
Ces méthodes ont de plus une dimension ludique non-négligeable (satisfaction des participants).
Elles sont porteuses de solutions innovantes. C'est en cela qu'elles sont utiles dans un contexte conflictuel.
De toutes les méthodes, l'atelier du futur est celle qui s'inscrit le mieux dans une approche de cogouvernance, dans la mesure où elle donne vraiment une voix transformative aux citoyens en ce sens que ce sont eux qui construisent les scénarios. Le pouvoir du dernier mot appartient évidemment au politique.
Ces méthodes consomment du temps (celui de l'organisateur et des participants), de l'expertise (facilitation) et nécessite d'importants moyens logistiques.
Elles ne prévoient pas la participation de parties prenantes « extérieures » à l'organisation ou à la communauté.
Le forum étant restreint, l'alignement des parties prenantes sur ceux qui les représentent ne va pas de soi.
© Copyright 2011 Spiral – Département de Science Politique – Université de Liège